Les voileux se transforment en routards

Le périple est terminé, 50.000kms en un an, Hervé repart vers l'Ouest américain avec d'autres français. Nous avons retrouvé notre bateau à Green Cove Springs et début mai nous voguerons vers les Bermudes avant de rejoindre Flores, première île de l'archipel des Açores. Le retour dans notre chère Bretagne est prévu vers le 15 août.

Adresse du blog bateau :
https://retourdegalbord.blogspot.com/

mardi 26 juin 2012

LES PROVINCES MARITIMES


                                                             LES PROVINCES MARITIMES :
                        NOUVEAU BRUNSWICK – ILE DU PRINCE EDOUARD – NOUVELLE ECOSSE

Manque Terre Neuve, mais nous ne sommes pas allés si haut.

Nous passons la « frontière » entre le Québec et le Nouveau Brunswick le 4 juin à Campbellton et tout de suite à l’office du tourisme on nous dit d’avancer nos montres d’une heure, nous changeons en effet de fuseau horaire et le décalage avec la France ne sera plus que de cinq heures.

Cette province est officiellement bilingue et au camp provincial de Sugarloaf nous sommes agréablement accueillis en français, mais en entendant notre hôtesse parler à son collègue en mélangeant l’anglais et le français, on croirait entendre les anciens de Trévignon mélanger le breton et la langue de Molière.
Nous sommes aussi ici en terre acadienne. Petit rappel historique : en 1632 une quarantaine de familles poitevines débarquent dans la baie de Fundy et y trouvent des terres fertiles. En 1755 l’Angleterre, qui avait récupéré auparavant les provinces maritimes,  expulse les acadiens de leurs terres, ce fut « Le Grand Dérangement ». 6000 d’entre eux seront prisonniers en Angleterre ou déportés en Nouvelle Angleterre. 2000 à 3000 autres se réfugièrent dans les tribus indiennes, sur les côtes du Nouveau Brunswick ou en Gaspésie. Aujourd’hui on en retrouve disséminés un peu partout dans ces provinces maritimes et bien qu’ils aient été « lâchés » à l’époque par la France, on éprouve quand même un certain pincement au cœur en voyant partout où ils résident arborer fièrement notre drapeau national, peindre en bleu, blanc, rouge la base de tous les poteaux électriques à la seule différence : ils ont mis une étoile jaune dans le bleu. Cela me permettra d’y trouver une plaque d’immatriculation tricolore à laquelle j’enlèverai l’étoile et que j’arbore sur mon pare-chocs avant puisqu’en Floride comme dans beaucoup d’autres états américains ou provinces canadiennes les voitures n’ont une plaque qu’à l’arrière, permettant ainsi de personnaliser l’emplacement  de l’avant.

 
Notre deuxième étape sera cette péninsule acadienne au nord-est, la région de Caraquet et des îles de l’Acadie. Sur la route côtière, nous constatons qu’il y a une grande différence avec le Québec, on sent le pays moins prospère à travers la campagne et l’habitat. J’apprendrai plus tard que cette province est l’une des plus pauvres, curieusement les villages acadiens sont plus coquets que leurs homologues anglophones, le propriétaire du camping de Caraquet me dira que la majorité des acadiens vivent de la mer, les anglophones de la terre et comme de ce côté-ci les terres sont relativement pauvres, ceci explique cela. Cette même personne me dira une formule choc, lui signalant une fuite d’eau importante et continue à un tuyau, il n’était pas surpris et ne s’est pas précipité pour la colmater, lui faisant remarquer qu’en France le coût de l’eau comprend la fourniture et son traitement une fois utilisée, il me dit : « le Canada est une terre d’opulence ». Apparemment,  à voir dans tous les campings les lumières des sanitaires tous allumés 24h/24, l’électricité est tout aussi opulente et bon marché !


Ici la flotte de pêche est impressionnante, surtout des caseyeurs et nous sommes en pleine période de pêche du homard, autant vous dire que nous en profitons allègrement . Il se vend à peu près 10 euros le kilo tout cuit ce qui est bien pratique pour nous. Par contre on trouve très peu de poissons frais, les phoques contribuant énormément à la raréfaction de la morue, on est loin des étals de nos poissonniers !


Après Caraquet et une visite aux îles Lamèque et Miscou reliées au continent par un pont, nous descendons plein sud par la « Route du Littoral Acadien ». Après Miramichi et un bref passage au Parc National Kouchibouguac nous repérons un peu plus bas un camping tenu par un français à St Edouard de Kent, celui-ci est marié à une acadienne et est aussi viticulteur…oui mais il fait un peu de vin de raisin et beaucoup de vin de fruits ( bleuets, sureau, fraise ) il nous organise une dégustation, mais on ne peut pas dire que ça nous emballe, tout est sucré même le vrai vin, il nous dit que cela correspond au goût nord-américain, on en est bien conscients et lui aussi puisqu’il présente à côté une collection de Cahors millésimé qu’on aurait préféré déguster.  Notre premier passage au Nouveau Brunswick sera bref puisque le lendemain nous décidons de nous rendre sur l’île du Prince Edouard.


Cette île est une province canadienne à part entière, on y accède par un pont de 12,9kms qui est le plus long du monde. Elle fait 280kms d’est en ouest et de 6 à 64kms du nord au sud, elle fut d’abord colonisée par les français en 1720 mais cédée aux anglais en 1758, autant dire qu’à part quelques villages acadiens, on n’y parle qu’anglais. L’agriculture y est très présente, les fermes sont de taille impressionnantes avec un énorme parc de tracteurs et engins agricoles car ici c’est le royaume de la pomme de terre, les meilleures du Canada ; sans doute est-ce dû  à une terre rouge et sablonneuse qui contient de l’oxyde de fer. Son autre ressource en plus du tourisme est la pêche, huit millions de kilos de homards y sont capturés chaque année !
C’est dans sa capitale, Charlottetown qu’en 1864, 23 délégués des provinces de l’Amérique du Nord britannique envisagèrent pour la première fois l’idée d’une confédération. D’où le nom du fameux pont d’accès : Pont de la Confédération.


Nous y resterons trois jours, ce sera surtout vous l’aurez deviné le littoral qui aura notre faveur, les petits ports de pêche aux cabanes colorées et la côte nord bien protégée des constructions par les parcs provinciaux, mais pas de l’érosion car ce grès rougeâtre se désagrège et les pins tombent les uns après les autres dans la mer. Par contre au nord-est, la péninsule de Greenwich appartenant aussi au parc national recèle une magnifique plage longue de 6kms derrière laquelle émerge une immense dune qui bien évidemment change de forme au gré des tempêtes hivernales
 
Nous quitterons cette île le 10 juin en fin d’après-midi, non pas par le fameux pont mais par un traversier nous amenant directement à Pictou en Nouvelle Ecosse, nous épargnant ainsi un détour de 200kms.


Après 1h15 de traversée nous débarquons au port de Caribou, tout près de Pictou où en 1773 une poignée d’écossais des Highlands débarquèrent de l’Hector dont une fidèle réplique est amarrée aux quais. Ici nous nous sentons un peu plus en territoire celtique et la ville affiche à chaque lampadaire les différents tartans des clans présents. Je ne sais pas si c’est mon Gwen Ha Du pendant à mon rétroviseur marquant ainsi mon appartenance au peuple celte, mais le propriétaire du camping local un certain Mac Donald m’annonce la gratuité de ma nuit, sympa la Nouvelle Ecosse !

Une réplique d'"Hector" est amarrée aux quais de Pictou

En fait, le but ultime de cette virée dans les Provinces Maritimes est l’île du Cap Breton, normal pour un breton. Et on ne sera pas déçus. Donc route dès le lendemain pour cette île séparée de sa province par le pont de Canso. Nous commençons notre visite par la côte ouest en suivant la « Ceilidh Trail », autrement dit la « route Gaélique », en fait comme en Bretagne chaque village a son nom écrit en anglais ou français pour les acadiens et en gaélique.


A partir de Chéticamp, bastion acadien, la route prend de la hauteur pour faire le tour de la partie nord de l’île. Elle se nomme « Cabot trail » en l’honneur de John Cabot, en réalité Giovanni Caboto, génois au service du roi d’Angleterre qui aurait découvert l’île en 1497. Cette route nous fait découvrir des panoramas exceptionnels, on monte et on descend de vallées en plateaux avec toujours le bleu de la mer en toile de fond, tout cela au sein d’un parc national, donc très protégé. Malgré tout, à part un orignal bien caché derrière des troncs de bouleaux, nous ne verrons pas d’autres animaux remarquables ; heureusement qu’on a fait le plein en Gaspésie. Le 13 juin nous atteindrons l’extrémité nord qui ne s’appelle pas Cap Breton mais Cape North, « déçus que nous sommes » ! Non je plaisante, cette péninsule est magnifique, on commence par le port de pêche de Bay St Lawrence étonnant abri  naturel et on continue une piste de terre jusqu’à Meat Cove d’où l’on surplombe les pêcheurs qui relèvent leurs casiers à homard dont les flotteurs et leurs bouts sont tellement denses que l’on se demande comment ils font pour les récupérer lorsque la mer est mauvaise.


La descente par la côte Est sera différente, le littoral est plus bas, les rochers plus ronds avec même des secteurs de granit rose. Nous atteindrons doucement le Lac Bras D’or, véritable mer intérieure de 1100km² qui communique avec l’Atlantique depuis le milieu du 19ème siècle par l’écluse et le canal de St Peters. Mais il y a un autre lieu incontournable, la forteresse de Louisbourg  au Sud-Est.

Le lac Bras d'Or à Baddeck

Si vous avez vu le film de Patrice Leconte « La veuve de St Pierre », vous aurez eu un aperçu de ce que les canadiens ont réhabilité, car ce film y a été tourné. La reconstruction a demandé 20 ans et a coûté 25 millions de dollars au gouvernement fédéral, le résultat est à la hauteur et nous français pouvons lui dire merci car c’est la reconstitution fidèle de ce qui fut sous Louis XIV et Louis XV la forteresse protégeant le troisième port de commerce de l’Amérique du Nord.


Ce fut la tête de pont en Amérique de la Nouvelle France, elle fut bâtie en 1713 et comptait 2000 habitants en 1744. Malheureusement nos ennemis héréditaires, la perfide Albion nous la ravirent en 1745 après 40 jours de siège et la rasèrent totalement. On mesure à sa juste valeur  le travail réalisé par le gouvernement canadien.


Ce ne sont pas simplement des fortifications de Vauban, mais un ensemble de maisons reconstituées fidèlement jusque dans leur intérieur et, un peu comme au Puy du Fou, les habitants de Louisbourg y travaillent la journée habillés en costume du 18ème siècle et reprenant les métiers de l’époque, ils répondent à vos questions comme si on était des visiteurs de 1744. On peut même y manger à l’hostellerie les plats de ces années- là.


Les soldats français en costume d’époque tirent au fusil et font tonner le canon avec les roulements de tambour appropriés, on s’y croirait.


La suite de notre virée dans cette province nous verra visiter la capitale, Halifax où les anglais avaient eux aussi construit une citadelle dès 1749, celle qu’on visite en est la quatrième version et était tellement bien fortifiée qu’elle ne fut jamais attaquée. Notre jour de visite coïncidait avec le 200ème anniversaire du conflit de 1812 avec les américains et on a eu droit à des salves de tirs et à midi au traditionnel coup de canon, dommage qu’il était chargé à blanc car il aurait pu démolir le peu esthétique building situé juste en face et qui enlaidit la vieille ville au demeurant malgré tout bien agréable.


A 35kms de là nous sommes très surpris de trouver un petit port bien entouré de rochers de granit ronds avec un phare lui aussi posé sur le granit, non ce n’est pas une réplique de Trévignon mais presque, il s’agit de Peggy’s Cove et sur le quai nous découvrons des pêcheurs affairés à découper un énorme thon, regardez les photos ! Plusieurs petits ports très sympathiques jalonnent cette côte atlantique très découpée avec des îles et des mouillages très abrités : Mahone Bay  et Lunenburg où la goélette Bluenose II se refait une santé, c’est un bateau emblématique qui figure sur les plaques d’immatriculation de Nouvelle Ecosse et sur les pièces de monnaie canadiennes de 10cents.

Peggy's Cove

Notre dernière escale dans cette province sera les Five Islands sur la côte sud de la baie de Fundy où les marées du monde ont la plus forte amplitude : 18m. Mais l’endroit le plus spectaculaire pour le constater se trouve de l’autre côté de la baie, au Nouveau Brunswick où nous arrivons le 21 juin.


Retour donc dans cette province par l’Ouest cette fois, tout près de Moncton où nous arrêtons pour voir le mascaret, on s’attendait à une vague similaire à celle que notre fils Yves surfe sur la Dordogne mais elle ne faisait que 30cms environ, assez étonnant quand même de voir cette vague précéder une montée très rapide de ces eaux boueuses de couleur ocre-rouge. A l’embouchure de cette rivière dans la baie de Fundy on trouve les « Hopewell Rocks » énormes stalagmites de grès rouge coiffées de conifères 18m plus haut dont on peut faire le tour à pied sec à marée basse et à marée haute en faire le tour en kayak.


Nous finirons cette virée dans les Provinces Maritimes par le parc national de la Baie de Fundy et le charmant petit port de Alma, marches et homard au programme, les marées y sont spectaculaires mais je dois avouer que celles dans l’Archipel de Chausey les valent largement. Ah ces bretons, on se demande parfois pourquoi ils voyagent… 

 
Voilà une nouvelle étape réalisée, nous repassons au Québec pour une quinzaine de jours avant de mettre cap à l’Ouest, Calgary plus précisément, au pied des Rocheuses canadiennes.                                                                                                              

mercredi 6 juin 2012

LE QUEBEC

                                                                        

Pour tout vous dire, cette province du Canada, avec New York, le parc du Yellowstone, le Colorado et la Californie était une des grandes étapes de notre virée en Amérique du nord. Après l’avoir parcouru pendant un mois et nous y repasserons en juillet, je peux vous dire que tant sur le plan humain que sur le plan des paysages, nous avons été gâtés.

Depuis les Antilles en bateau nous avons rencontré beaucoup de québécois ainsi qu’en camping-car aux USA et tous nous ont donné plus qu’envie de visiter ce pays où nous comptons tant de cousins. Mais d’abord quelques données : sa superficie est trois fois celle de la France pour 7,7 millions d’habitants dont presque la moitié vit dans la région de Montréal, cette région étant très excentrée puisqu’à l’extrême ouest de la province, touchant l’Ontario.
Le fait que nous nous trouvons dans un pays de langue française contribue aussi beaucoup à l’apprécier puisque nous pouvons communiquer normalement sans la barrière linguistique. Ensuite leur farouche résolution à défendre notre langue contre les anglicismes force notre admiration, nous qui employons ceux-ci sans presque nous en rendre compte, à commencer par moi-même plus haut en employant le terme de camping-car alors qu’ils nomment « motorisé » ce type de véhicule !
Nous l’abordons donc ce dimanche 6 mai au poste frontière de La Colle. Après quelques questions aux québécois rencontrés au camping de New York, nous nous attendions à une fouille en règle de notre véhicule, les denrées et la quantité d’alcool importées étant très limitées. C’est donc avec un certain soulagement que la douanière après quelques questions de sa guérite à moi, ma vitre ouverte, nous tamponna nos passeports en nous accordant un visa jusqu’au 31 août. La seule remarque fut l’ordre d’éteindre notre « cellulaire » lorsque notre ami Patrick nous appelait à cet instant précis.
Après la succession de forêts et de lacs du New Hampshire et du Vermont, nous trouvons ici au nord du lac Champlain une région très plate et très agricole qui continuera jusqu’à Montréal et donc les rives du Saint Laurent. Quel étonnement aussi pour ma part que le premier tracteur agricole vu sur la route fut un tracteur « Bélarus », tracteurs soviétiques que j’ai commercialisé en Bretagne pendant plus de vingt ans, et j’en verrai bien d’autres en allant plus vers l’est surtout en Gaspésie. Notre premier but étant de voir ce fleuve mythique, nous le rejoignons au village de Beauharnais et nous n’avons pas été déçus par sa grandeur qui ne fera pratiquement que croître au fur et à mesure que nous le descendrons.  
Nous avions prévenu Isabelle et Patrick de notre arrivée imminente et le coup de fil au poste frontière était pour nous inviter à leur rendre visite à leur maison de Notre Dame de l’île Perrot. Nous les avons connus à Georgetown aux Bahamas puis à Nassau pendant mon séjour hospitalier, ils étaient partis pour environ 6 mois avec leurs deux enfants de Floride et remontaient ensuite leur voilier au lac Champlain. Ce furent de chaleureuses retrouvailles avec un bon repas préparé par Patrick, nous avons pu stationner notre motorisé devant chez eux et profiter de leur salle de bains. Ce fut un moment trop court mais nous comptons bien passer les revoir en juillet.
Le lundi nous nous rendions à Montréal pour commencer notre visite et revoir notre nièce Ségolène qui y fait des études d’anthropologie. Après trois jours de visite, le bilan sera mitigé, il y a des quartiers intéressants, une vieille ville préservée malgré les buildings tout proches, mais surtout il y a le St Laurent majestueux avec les îles Ste Hélène et Notre Dame sur laquelle se déroule le GP de F1, et il y a le Mont Royal, colline boisée avec de beaux points de vue, rendez-vous de tous   les amateurs de marche, vélos et autres joggeurs, c’est le « Central Park » montréalais. Cependant on n’y a pas vraiment ressenti d’âme, les quartiers très différents se juxtaposent, mais il faudrait sûrement y vivre pour l’apprécier à sa juste valeur.

Isabelle et Patrick nous avaient prévenus : la langue officielle est le français mais dans le centre commercial on vous accueillerait presque par un « Hello » au lieu d’un « bonjour », on mesure ici le fait que les nouveaux immigrants sont plutôt de langue anglaise et l’Ontario est aussi très proche. A tel point que ayant épuisé nos livres nous entrions dans une grande librairie de la très commerçante rue Ste Catherine et quelle ne fut pas notre surprise d’y voir une pancarte signalant le rayon « livres en français » la partie réservée aux livres anglais étant considérée comme la norme. Je vous rassure quand même car ayant dit notre étonnement à l’office du tourisme la personne nous apprit que c’était la succursale d’une chaîne de librairies anglophones.

Ceci dit nous avons retrouvé des choses bien françaises, du bon pain, de vrais fromages et l’accent typiquement québécois avec des mots qui ont disparu depuis belle lurette de notre vocabulaire, leur manière de vivre évidemment beaucoup plus française qu’anglo-saxonne, le courant passe tout de suite ainsi que le tutoiement très similaire à nous bretons. C’est donc plus par les gens que nous apprécierons ce pays et le 10 mai nous mettions cap au nord, direction Mont Tremblant, plus précisément Lac Supérieur pour retrouver Diane et André rencontrés en Floride près de Daytona et avec qui le courant était tout de suite passé. 

André possède un terrain boisé en bordure de deux rivières avec une île au milieu qui l’occupe beaucoup, en attendant de pouvoir y accéder par un pont son beau-frère et lui  ont aménagé une ingénieuse tyrolienne, regardez là sur les photos. Nous y avons passé trois jours formidables à visiter, travailler à débroussailler ses chemins, heureusement qu’il avait du matériel Stihl que je vendais ! Diane et André, sa sœur Denise et Marc son mari nous ont accueillis « royalement » . On devrait les retrouver fin juillet dans les Rocheuses.

Une visite au Québec ne se conçoit pas sans une visite chez un récolteur de sucre d’érable. L’occasion faisant le larron, dans mon cas André m’ayant entendu évoquer un bruit de suspension, il téléphone à un de ses bons copains garagiste entre Montréal et Québec pour convenir d’un rendez-vous et par la même occasion me parler sucre puisque Jean Pierre c’est son nom en est aussi producteur.

Jean Pierre et Suzanne nous feront visiter leur érablière, leur cabane à sucre avec forces explications sur la récolte et la réalisation du sirop d’érable à partir de l’eau qu’ils recueillent de chaque arbre avec une canule et un seau. Jean Pierre a fabriqué une bonne partie de son matériel et n’était pas peu fier de nous montrer leur fonctionnement. Pour mieux comprendre la récolte et la réalisation du fameux nectar il nous invita à visionner un film tourné par sa fille expliquant cette récolte ainsi que la fameuse « tire sur glace » : on fait couler le sirop chaud sur la neige, au contact du froid il se solidifie donnant de vrais sucres d’orge, désolé, d’érable !

Après cet épisode retrouvailles ou connaissances, nous nous retrouvons tous les deux pour aller découvrir la ville de Québec. Tout le monde nous a prévenus, c’est  la plus belle ville d’Amérique du nord ! On est d’accord, enfin on trouve une ville qui a une âme, des vieilles pierres, des fortifications, un port, bâtie à un endroit stratégique puisqu’en algonquin Kebec  veut dire : là où la rivière se resserre. Et puis il y a le château Frontenac, il ne date que de 1893 mais s’intègre parfaitement dans la vieille ville entourée de remparts. Le tout est très harmonieux pour une ville bâtie à flanc de coteaux, on n’arrête pas de descendre et monter. Et ici tout le monde parle français ! A part les touristes américains et canadiens anglophones bien sûr.

On fera ensuite un passage aux chutes Montmorency à 12kms de Québec. Elles sont plus haute de 30m que celles du Niagara mais beaucoup moins larges, pour nous le must en la matière restera celles d’Iguaçu entre l’Argentine et le Brésil.

Mais le clou de cette région est le parc national de la Jacques Cartier. A quarante-cinq minutes  de la capitale de cette province on se retrouve dans une vallée que l’on peut remonter sur une trentaine de kms avec des paysages grandioses, on y a fait de très belles marches et du kayak, on n’a pas encore osé affronter les rapides. On a tout appris sur la vie du castor et c’est très intéressant de pouvoir les observer tranquillement dès six heures du soir, bien occupés à consolider leur barrage. On a aperçu furtivement un orignal, sorte de grand élan et observé de très près un porc-épic qui n’a rien à voir question taille avec notre hérisson. C’est ici que l’on commence à prendre la mesure des paysages grandioses qui nous attendent.
Vue d'ensemble de la Jacques Cartier depuis "Les Loups"
 
La route entre ce parc et Saguenay se résume à une grande montée et une grande descente à travers forets et lacs sur plus de 100kms, malheureusement nous le faisons dans la pluie et le brouillard ce qui nous empêche d’en profiter. Saguenay est la ville et la rivière qui y passe venant du lac St Jean et se jetant à Tadoussac dans le St Laurent porte le même nom. Nous décidons d’aller tout de suite sur la rive droite au parc national secteur Baie Eternité et là on peut dire que le paysage vous en met plein la vue, le Saguenay est un fjord très encaissé et les balades sont somptueuses, nous monterons au sentier de la vierge. En 1881 un marchand qui en hiver transportait des marchandises sur la glace du fleuve, vit celle-ci céder sous ses pas, il en réchappa miraculeusement et en remerciement fit élever une statue de la Vierge Marie sur un promontoire rocheux du cap Eternité. Depuis un sentier  avec de très beaux panoramas y mène. Passage également au joli port de l’anse St Jean.



Nous voulions voir le lac St Jean, véritable mer intérieure de plus de 1000km² mais à part quelques sites, l’intérêt est assez limité. On nous avait prévenu de nous méfier des moustiques surtout dans cette région et cela n’a pas manqué. La nuit précédent notre visite au parc de la pointe Taillon où nous avons fait 40kms à vélo fut un véritable cauchemar. Dans la soirée quelques bibittes comme disent les québécois étaient à l’intérieur du véhicule mais nous avions beau en tuer, il y en avait de plus en plus à tel point que nous n’avons pu dormir qu’une heure ou deux. Au petit matin j’ai découvert l’endroit par lequel ils rentraient : l’ouïe d’aération de la hotte de la gazinière, sans doute que les odeurs de cuisine les attiraient. Aussitôt colmatée, il n’y avait plus d’intrus mais un sacré tableau de chasse.



Nous regagnerons assez vite la rive gauche de la rivière Saguenay avec de jolis sites comme Sainte Rose du Nord ou la baie Sainte Marguerite où vivent de mai à octobre une grande quantité de belugas, malheureusement les glaces de l’hiver ont emporté le pont permettant d’y accéder. Nous continuerons donc la descente du fjord vers Tadoussac.



Jacques Cartier débarqua à Tadoussac en 1534 et ce fut le premier comptoir d’échanges de fourrures avec les Amérindiens. C’est aussi le meilleur endroit pour observer les baleines car il y a peu de fond au confluent et les courants font remonter les micro-organismes dont se nourrissent plancton et krill, nourriture des cétacés. Nous irons donc en bateau sur le fleuve approcher des belugas et des baleines, nous en verrons plusieurs mais avec mon petit appareil photo il est très difficile de les prendre au bon moment. Tadoussac est aussi un très beau petit village donnant sur une très belle baie.



Il était temps de gagner la rive droite du St Laurent, nous le faisons de St Siméon à Rivière du Loup avec un ferry, pardon un traversier ! Il nous permettra d’aller dormir au parc du Bic près de Rimouski avant de faire route vers la Gaspésie.



La Gaspésie est au Canada ce que la pointe du Finistère est à la France, à quelques degrés de latitude près elles se font face mais la comparaison s’arrête là. Ici tout est plus grand vous l’avez déjà compris et beaucoup plus sauvage. La pointe est préservée par un parc national : le parc de Forillon. Nous y passerons deux jours et deux nuits passionnants à faire de grandes marches et à observer les animaux de très près. L’ours noir y est très présent et on a eu le bonheur de le voir passer devant nous à 20 mètres, Annick était plus impressionnée que moi qui m’efforçait de prendre le maximum de photos.  Les panoramas sont encore une fois éblouissants, que rajouter, rien sinon que vous dire de regarder les photos.
  

De l’autre côté de la baie il y a une autre merveille : Percé et son fameux rocher…percé d’une arche qui s’effondrera un de ces jours mais pour l’instant elle fait le bonheur des photographes.



Notre premier passage au Québec  se terminera par la côte nord de la baie des Chaleurs ( !!!)  sans aucune comparaison avec ce que nous avons vu plus haut. Nous passerons au Nouveau Brunswick au fond de la baie à Campbellton commençant notre visite des « Provinces Maritimes ».
En conclusion, nous nous attendions à quelque chose de fort et cela a été très fort, tant au niveau humain que des paysages et de la faune. Le Québec est un pays à lui tout seul et on s’y sent comme chez soi.                       

mardi 8 mai 2012

DE WASHINGTON A LA FRONTIERE CANADIENNE

                                               
 On vous avait quitté le 9 avril au sortir de la Shenandoah Valley, nous avons devant nous les grandes agglomérations du nord est des Etats Unis à visiter à commencer par la capitale : Washington. Je continuerai donc notre récit comme la lettre précédente état par état, en vous recommandant d’ouvrir parallèlement l’album photo de Picasa Web correspondant.
WASHINGTON DC : en réalité nous commençons notre visite ce lundi 9 avril par le Great Falls National Park qui est à cheval sur la Virginie et le Maryland mais à 20kms de la Maison Blanche, ce sont les derniers rapides du Potomac qui s’assagit et devient navigable au niveau de la capitale avant de se jeter dans la Chesapeake Bay. Ce sont des rapides impressionnants qui se fraient un passage parmi une multitude de rochers. Parallèlement existe un canal qui fut autrefois utilisé commercialement mais qui ne l’est dorénavant qu’à des fins touristiques. L’ensemble forme un parc de 800ha très prisé des habitants de la capitale.

Washington n’est pas un état, c’est un district, leurs habitants ne peuvent voter qu’aux présidentielles, pas aux législatives ni aux sénatoriales. Leur rancœur à ce sujet se manifeste sur leurs plaques d’immatriculation où l’on peut lire : « Taxé sans représentation » ! Nous nous demandions où laisser notre véhicule pendant notre visite de la ville, heureusement nous passerons trois nuits au Green Belt National Park à une demie heure à pied du métro dans un parc parmi les daims et les écureuils.

La ville en elle-même est différente des autres grandes villes américaines, pas de gratte-ciels, de larges avenues et dans le centre des bâtiments officiels imposants. Ce centre est très ordonné autour d’une grande pelouse avec plusieurs plans d’eau, « The Mall », à l’est le Capitole, à l’ouest le Lincoln Memorial, au milieu l’équivalent de notre obélisque de la Concorde : le Washington Monument et en face de lui au nord la Maison Blanche. Au milieu à l’ouest figurent tous les mémorials des guerres où sont morts les soldats américains. Tout autour se retrouvent un grand nombr e de musées, tous d’accès gratuit appartenant à la « Smithsonian Institution » du nom d’un anglais qui en 1829 légua toute sa fortune aux Etats Unis sans y avoir mis les pieds. Son argent a été bien utilisé et les musées sont magnifiques et aux dimensions du pays.

MARYLAND : après deux jours de visite dans la capitale, nous retrouvons un port de plaisance et un très joli village à Annapolis où se déroule tous les ans un salon à flot semblable au Grand Pavois de la Rochelle. Ce sera ensuite Baltimore qui fut un temps (1830), la deuxième ville des Etats Unis et qui restera pour nous un coup de cœur, certainement du fait que le centre de la cité est le port et que tout s’articule autour de lui harmonieusement. Les vieilles maisons de Fells Point , le vieux quartier du port sont encore bien conservées. Nous finirons notre séjour dans cet état par un week end au Elk Neck State Park situé sur une presqu’île entre la Elk River et la fin de la Chesapeake Bay.

PENNSYLVANIE : nous quittons la côte pour l’intérieur des terres et plus spécialement le comté de Lancaster berceau d’une population un peu particulière : les amish. Issus des mennonites qui y sont aussi présents, les amish appliquent encore plus strictement les préceptes de la Bible. Au premier abord, on constate que la campagne est très vallonnée, les exploitations sont très rapprochées donc les fermes de surfaces assez modestes. Elles ont toutes des silos-tours pour stocker le fourrage et donc tout est tourné vers l’élevage. Ensuite on constate rapidement leur refus du progrès : leurs déplacements se font en « buggies », petites voitures à cheval fermées où on ne distingue que le ou la conductrice vêtus comme au XIXème siècle, les hommes portent la barbe, un pantalon à bretelles sur une chemise et un chapeau ; les femmes sont en robe unie de couleur terne et leurs cheveux jamais coupés sont regroupés en chignon dans un bonnet à l’ancienne. Ils refusent l’électricité, dans les fermes l’énergie est fournie par des moteurs thermiques. Le travail des champs est effectué avec des chevaux, dans le cas où il faut une prise de force un moteur thermique est installé devant l’outil. Ceux qui ne peuvent se passer de tracteur refusent les pneumatiques et ont des roues en fer. Le vélo est remplacé par une trottinette et il est curieux de voir les hommes se déplacer de cette manière. Ceci dit ils ont l’air heureux de vivre ainsi, nous nous sommes baladés à vélo sur les petites routes et tous nous ont salué très poliment avec le sourire. Ce qui est étonnant c’est de voir le contraste avec le reste des américains et leur mode de vie diamétralement opposé.

Buggies amish sur les routes


Après cette remontée dans le temps nous pensions nous arrêter à Philadelphie mais la pluie et le manque de stationnement pour notre véhicule nous en  dissuadèrent.
NEW JERSEY : après une nuit dans un camp à peine ouvert perdu en pleine nature, nous retrouvons  le 19 avril la côte atlantique au sud de la baie de New York à Belmar, toute cette côte est une plage et une succession de stations balnéaires, nous la remonterons jusqu’à la presqu’île de Sandy Hook qui ferme cette baie et d’où nous avons notre première vision de New York, faut dire que les gratte ciels de Manhattan se voient de loin. Afin de visiter tranquillement cette mégalopole le seul camping proche est celui situé à Jersey City très près de l’embarcadère pour Ellis Island et la statue de la Liberté ; celui-ci nous offre pour une semaine de présence la septième nuit gratuite. Mais surtout après un quart d’heure de marche on est au métro qui nous amène directement au World Trade Center au cœur de Manhattan.


Salle d'enregistrement des immigrés à Ellis Island

C’est donc de là que nous prendrons le bateau pour visiter Ellis Island où entre 1892 et 1924, 12 millions d’immigrants furent triés, c’est très impressionnant de voir ce musée, de lire les explications et témoignages de tous les européens qui y sont arrivés dans l’espoir d’une vie meilleure. A l’embarcadère de Jersey City une rétrospective relate que l’arrivée des immigrants asiatiques se faisait à San Francisco. Le bateau nous débarque ensuite à Liberty Island où l’œuvre de Bartholdi et Gustave Eiffel à qui l’on doit la structure salue tous les arrivants dans cette baie. L’intérieur étant en plein travaux il ne nous sera pas possible de la visiter mais cela reste une très imposante réalisation et un symbole de la Liberté, encore une fois cocorico !


NEW YORK : cette fois ci il s’agit de la ville et non de l’état du même nom sur le territoire duquel elle est située et qui remonte jusqu’au Canada mais que nous ne visiterons pas.
Que dire de cette ville qui n’a pas déjà été dit ? Je me bornerai  à nos impressions et pas à un exposé de ce que nous y avons fait. La première impression est évidemment le gigantisme des immeubles de Manhattan quand vous en êtes au pied dans les rues, ces dernières vous semblent étroites telles Wall Street qui paraît minuscule alors que symboliquement elle est toute puissante. D’autres quartiers sont plus « accueillants » comme China Town ou Little Italy, les commerces y sont plus vivants et moins standardisés. Nous avons fait l’expérience d’une messe baptiste avec de beaux chants Gospel à Harlem, mais la majorité des gens présents parlaient français et avaient le guide du Routard sous le bras, faut dire que c’était les vacances de Pâques et qu’on entendait parler notre langue absolument partout où le touriste doit se rendre. La ville (Manhattan) est toute en longueur puisque située entre l’East River et l’Hudson River, ce qui rend les déplacements en métro faciles de haut en bas, mais plus compliqués transversalement, cela tranche avec Paris qui est plus circulaire. Le plus frappant est le chantier du World Trade Center et la foule qui le visite, l’organisation de ces visites est assurée par des proches des disparus, le chantier est colossal et les deux tours seront remplacées par cinq autres très différentes en forme les unes des autres tandis que deux bassins au fond desquels de l’eau se déverse en permanence ont pris place à leur emplacement, les noms de toutes les victimes étant inscrites sur leur pourtour.
Un des emplacements des deux Twin Towers

Nous ne faillirons pas à la vue extraordinaire qu’on a depuis le 86ème étage de l’Empire State Building, comme vous pouvez le constater sur les photos c’est très impressionnant. New York est vraiment la ville des superlatifs mais cela va quelques jours, c’est une expérience à faire mais y vivre c’est une autre histoire…

C’est donc avec bonheur que nous retrouvons le calme des State Parks à Wading River au bout de Long Island, avec une grande plage faisant face au Connecticut et un parc où nous faisons de grandes balades et où nous rencontrons plusieurs « deers », cerfs de Virginie. Nous quitterons l’état de New York en prenant le ferry de Orient Point à New London dans le Connecticut ce qui nous fera éviter un retour par New York et par conséquent un détour d’environ 400kms.

CONNECTICUT : Nous y débarquons donc le 30 avril sous un beau soleil mais les cirrus dans le ciel annoncent un changement de temps, nous trouvons un camp à Old Mystic et nous y passerons la journée du lendemain à vous envoyer les nouvelles précédentes puisque la pluie ne s’arrêtera qu’en soirée. Le lendemain nous progresserons vers l’est en traversant des forêts et des forêts pour rejoindre l’état de Rhode Island.

RHODE ISLAND : Après Annapolis, l’autre grand nom américain de la voile est Newport, c’est là que se déroulaient les épreuves de la coupe America avant que les australiens la leur ravirent en 1983, c’est là aussi qu’en 1964 un jeune enseigne de vaisseau français arrivait vainqueur de la transat anglaise en solitaire partie de Plymouth, il s’appelait Eric Tabarly et allait insuffler la passion de la voile en France à tel point que nous sommes devenus en quelques dizaines d’année le premier pays constructeur de voiliers au monde. Nous fîmes donc notre « pélérinage » dans ce lieu mythique, quelques beaux voiliers se préparaient à rejoindre leur milieu naturel mais à part ces magnifiques unités on voit bien que nous n’avons rien à envier en France au niveau des infrastructures nautiques. L’autre particularité de Newport, du fait sans doute de son équidistance entre New York et Boston, est d’avoir attiré dès le XVIIIème siècle les plus riches familles de la côte est qui à la fin du XIXème siècle se firent construire sur le front de mer des « mansions », manoirs copiant les châteaux ou palais européens. Le problème dans le continent américain est que l’accès au bord de mer n’est pas libre comme chez nous, les propriétés privées en interdisent l’accès, eh bien les habitants de Newport ont réussi à faire plier ces riches propriétaires et une belle balade de 5kms, la « Cliff walk » permet de voir ces somptueuses résidences depuis ce sentier côtier.

MASSACHUSSETS : Nous sommes en Nouvelle Angleterre et la presqu’île de Cape Cod fut l’endroit où en 1620 accostèrent les occupants du Mayflower, croyant arriver en Virginie. Aujourd’hui c’est une destination très touristique avec au large les îles de Nantucket et Martha’s Vineyard. C’est d’ailleurs à Hyannis Port, lieu d’embarquement pour ces îles que passait ses vacances un certain John Fitzerald Kennedy.



Mais la capitale du Massachussets est bien sûr Boston, nous y passerons une journée le 4 mai, bien peu pour tout visiter mais dans les grandes villes le problème du stationnement est un vrai cauchemar, c’est par hasard que nous nous sommes retrouvés au terminus d’une ligne de métro avec un parking à 7 dollars pour la journée, ce qui nous a permis de visiter le centre ville. Le gros problème de ces grandes métropoles est que des gratte-ciels cotoient des bâtiments plus anciens et plus intéressants, noyant ainsi l’âme de la ville. A vrai dire, mais c’est toujours notre grand défaut, nous préférons flâner dans les ports et heureusement Boston en est un. Ceci dit cette ville est un grand centre d’affaires et bien sûr le siège des prestigieuses universités américaines telles qu’Harvard, Cambridge et le Massachussets Institute of Technology (MIT) qui donnent à la ville une population très jeune avec 500.000 étudiants.

NEW HAMPSHIRE : Nous le traversons rapidement en quittant Boston et le lendemain avant d’arriver dans le Vermont, nous n’avons pratiquement vu que des forêts et  les montagnes des Appalaches sur la fin.
VERMONT : Dernier état américain avant le Québec, c’est aussi les Appalaches et beaucoup de forêts. A force d’entendre aux Bahamas les navigateurs québécois parler du lac Champlain, nous voulions absolument le voir et nous avons passé une nuit fort agréable du 5 au 6 mai au State Park de Grand Isle. Le lac est une vraie mer intérieure toute en longueur (120kms environ) dont un petit douzième appartient au Canada. Nous sommes donc arrivés à l’entrée du parc mais nous nous sommes aperçus de suite qu’il n’était pas encore ouvert, cependant un écriteau mentionnait la présence du wifi. C’est donc tranquillement que nous déjeunions et que je consultais mes messages lorsque le garde du parc arriva nous parler et très gentiment nous remit une carte magnétique ouvrant la barrière en nous permettant gratuitement d’y passer la nuit, et quelle nuit puisque la pleine lune se reflétant sur le lac devant nous fut magnifique, mettant un terme agréable à notre séjour aux Etats Unis puisque le lendemain nous passions la frontière québécoise au nord du lac au petit poste frontière de Lacolle.

J’aborderai maintenant quelques impressions très particulières de la vie américaine qui nous ont frappé lors de cette remontée de côte est :
-          En tant qu’automobiliste, la conduite est très facile puisque tous les véhicules sont à boîte automatique et heureusement car en dehors des autoroutes, il n’y a quasiment pas de ronds-points, mais des feux tricolores pour tous les carrefours, la priorité à droite n’existe pas ce qui fait qu’on s’arrête et repart tout le temps et que les temps d’attente aux feux sont très longs.
-          On est aussi frappés de constater que le port du casque pour les motos est presque inexistant alors que le moindre cycliste en porte.
-          Attention au milieu de l’après-midi, c’est l’heure où les bus scolaires ramènent les enfants chez eux et il faut impérativement s’arrêter pour permettre leur descente aussi bien si on les suit que si on les croise.
-          Lorsqu’on a pris possession de notre véhicule on a constaté la présence de 8 porte-gobelets à bord, on a vite compris l’utilité puisque aussi bien au volant qu’ en se déplaçant à pied, un américain a toujours une boisson à la main et il est interdit de boire de l’alcool sur la voie publique, ils ont donc inventé des emballages isothermes neutres qui épousent parfaitement coca ou canette de bière…
-          Sur les autoroutes, les aires de repos sont rares et très éloignées les unes des autres, comme il n’y a pas de péage il faut prendre une sortie pour se ravitailler en essence ou pour manger et à chaque sortie on a le choix entre plusieurs stations-service ou fast-foods.
-          Au bord des autoroutes les grands panneaux publicitaires le sont peu pour des marques mais beaucoup pour les avocats vantant la résolution des problèmes de surendettement et de divorce, ainsi que d’autres panneaux condamnant  l’avortement.
-          La publicité sur la voie publique prend aussi la forme d’hommes sandwich vantant tel ou tel magasin ou tel ou tel candidat à une élection en agitant son panneau frénétiquement aux feux tricolores afin de capter votre attention.
-          On traverse beaucoup de passages à niveaux qui n’ont jamais de barrière mais des feux puissants et des signaux sonores, il n’y a souvent qu’une voie pour des transports de marchandises gigantesques et qui n’en finissent plus de passer.
-          Dans les supermarchés une personne est chargée auprès de la caissière de remplir d’innombrables sacs en plastique et vous ne prenez pas possession de votre caddie dehors mais à l’entrée du magasin, vous le laissez ensuite près de votre voiture ou plus rarement à un endroit réservé à cet effet, il n’y a jamais de consigne. Un employé les rassemble avec un engin pousseur électrique télécommandé.
-          Il faut se méfier des prix affichés dans les magasins lorsque vous faites vos courses, ils sont hors taxes, cela représente 3 à 5% de plus. De même dans les restaurants, les menus sont  hors taxes et le service n’est pas compris, là il faut carrément  ajouter 30% au prix affiché.
-          Dans certains états l’alcool n’est pas vendu en grande surface, il vous faut vous rendre dans un magasin « Vines and Liquors » pour acheter votre pack de  bières. Le vin même américain est très très cher.
-          Je ne vous apprendrai rien en disant que côté fromage c’est la standardisation à outrance, les rayons sont immenses mais proposent le même fromage (cheddar insipide) sous un nombre infini de couleurs ou d’assaisonnements, en barres ou râpés. De temps en temps un brie ou un Boursin pointe le nez et là on s’y précipite !
-          Quasiment jamais de viande de mouton mais par contre une succulente viande de bœuf très bon marché avec laquelle on n’est jamais déçu. Faut dire que les barbecues sont omniprésents.
Voilà un petit résumé de ces quelques trois mois passés aux USA, nous les retrouverons fin août plus à l’ouest . Maintenant place à la découverte du Canada et d’abord de nos cousins québécois.

mardi 10 avril 2012

REMONTEE COTE EST DES USA

                          Remontée de la côte Est, de Floride à New York, mars et avril 2012

En mars en Floride ce sont des températures de 25 à 30°, en avril à New York la moyenne est de 11°. Il va sans dire que notre objectif est de remonter progressivement en surveillant sur internet les prévisions météo afin de ne pas aller trop vite mais d’arriver quand même au Canada aux premiers beaux jours. D’après les canadiens rencontrés il ne faut pas y être avant mi mai.
Je ne vais pas vous faire la litanie des villes traversées ou visitées, je préfère vous citer chaque état et vous dire ce que nous y avons aimé. Comme en Floride, nous avons privilégié les nuits dans les State Parks, qui sont retirés dans la nature, certaines fois donnant sur de très belles plages et où les emplacements sont vastes et aérés. Il y a eu aussi quelques nuits sur les parkings des hypermarchés ouverts 24h/24.

GEORGIE : Nous y arrivons le 17 mars en provenance directe de notre bateau, à St Marys précisément lieu d’embarquement pour Cumberland Island , c’est la plus grande des Golden Isles, chapelet d’îles qui forment le littoral de cet état, c’est aussi la plus sauvage car gérée par le National Park et la seule à ne pas avoir de pont qui la relie au continent. On prendra donc le bateau pour découvrir cette nature très protégée avec une plage d’une quinzaine de kms quasiment déserte.

On est d’ailleurs très étonnés,  en remontant toute cette côte Est, de voir la multitude de ponts qui ont été nécessaires pour assurer la communication du nord au sud des Etats Unis tant il y a de cours d’eau avec en plus transversalement d’autres ponts pour franchir l’Intracoastal Waterway. Il y a vraiment de l’eau partout et des zones marécageuses qui sont très riches pour la prolifération de la vie sous toutes ses formes assurant toute la chaîne alimentaire pour les poissons.  On évalue là la richesse de ces états, car en plus les autoroutes sont gratuites.
La côte de cet état n’est pas très longue, environ 150kms et elle se termine avec la ville de Savannah qui nous a vraiment conquis. Elle nous est apparue comme une vraie ville avec des maisons anciennes très jolies, des églises dans la ville, des squares très ombragés par les magnifiques chênes recouverts de mousse espagnole, nom donné par les français car elle leur faisait penser à la barbe des espagnols ! Le port a aussi gardé un cachet bien à lui avec les anciens entrepôts de briques noircies par le temps reconvertis en restaurants et boutiques. On imagine très bien l’activité qui devait y régner du temps des clippers. Ce fut avec Baltimore notre coup de cœur de cette remontée vers New York.

CAROLINE DU SUD : La côte de cet état ressemble beaucoup à celle de la Géorgie, autant de ponts, d’eau, beaucoup d’îles, de la mousse espagnole partout. Les fameuses plantations de coton n’existent plus guère mais les demeures sont là et nous rappellent « Autant en emporte le vent » d’autant plus que le drapeau sécessionniste des états du sud flotte partout comme le Gwen ha du chez nous. La ville côtière de Charleston ne nous a pas emballé, nous quittons cet état le 26 mars par Myrtle Beach, sorte de Miami de Caroline, heureusement que son State park contribue à y préserver un peu de nature à l’état pur.

CAROLINE DU NORD : C’est à partir de là que nous commençons à ressentir la fraîcheur des nuits, chose tout à fait normale pour un mois de mars sous ces latitudes. Par contre autant celle du sud nous aura peu marqué, autant la Caroline du nord nous plaira beaucoup. Vous allez penser que nous sommes un peu ou beaucoup obsédés par les îles et la côte et que quand nous ne voyons plus la mer nous sommes un peu perdus. C’est vrai et rien n’est plus déprimant que de longer une côte et de ne pas pouvoir s’arrêter quand on veut pour admirer le paysage, heureusement la côte des Outer Banks est restée sauvage et cela nous fait plaisir.
La première ville est Wilmington où est amarré un impressionnant navire datant de la guerre du Pacifique, le USS North Carolina Battleship, nous dormirons un peu plus bas dans un State Park quasiment désert à Carolina Beach. Le lendemain nous remontons jusqu’à Cedar Creek où se trouve l’embarcadère pour le ferry qui nous amènera à l’île d’Ocracoke.  Les 500kms de cette côte sont quasiment une grande plage avec quelques inlets de temps en temps, allez voir sur Google Earth ; à l’intérieur il y a une vraie mer, le Pamlico Sound.

Départ de Cedar Island


Nous débarquons à Ocracoke dans la soirée avec un vent violent et nous admirons la dextérité du commandant du ferry qui doit slalomer dans le chenal d’entrée, vraiment très impressionnant. Nous y resterons deux jours et le charme des îles opérera comme d’habitude, le temps s’écoule doucement, les gens sont cools, cependant on imagine très bien qu’en plein été tout doit être bien différent…

Arrivée à Ocracoke


Un autre ferry nous amènera le 30 sur la presqu’île du cap Hatteras. Ce cap héberge le phare du même nom qui est le plus haut des Etats Unis. C’est l’avancée la plus à l’est du pays et son passage est réputé difficile pour les voiliers qui remontent cette côte, beaucoup préfèrent emprunter l’Intracoastal à partir de Beaufort. Les State Parks n’ouvrant qu’en avril nous tentons de dormir sur le parking d’une marina mais à la tombée de la nuit la police nous priera gentiment d’aller ailleurs, ce sera le parking d’un Walmart à Kitty Hawk qui fera l’affaire.

Phare du Cap Hatteras


VIRGINIE : Nous y resterons une dizaine de jours car il y a beaucoup de choses à faire et à voir, la façade maritîme et l’intérieur des terres avec la fameuse vallée de Shenandoah. Cet état a la particularité d’avoir une partie de son territoire dans une presqu’île au sud du Delaware qui ferme l’entrée de l’immense Chesapeake Bay au bord de laquelle se trouvent d’abord Norfolk, Washington DC et Baltimore(Maryland).
Cet état et toute la région de Jamestown et Yorktown nous donne aussi l’occasion de rappeler à nous français que nous étions très présents dans la guerre d’indépendance américaine. La bataille décisive de Yorktown verra s’affronter à l’automne 1781, 7500 soldats anglais face à 8845 américains et 10800 de nos compatriotes emmenés par le comte de Rochambeau, la capitulation du général anglais Cornwallis sera décisive pour la fin de cette guerre. Les américains mettent très bien en valeur notre rôle capital pour les aider à se libérer du joug britannique et plus tard au Capitole de Washington nous verrons le tableau représentant la reddition anglaise entre les deux armées alliées trônant dans la salle de la coupole. Cocorico quand même !

Après cet intermède historique nous partons vers l’ouest pour découvrir le « Shenandoah National Park » et la « Skyline Drive » qui est une route panoramique magnifique avec de somptueux panoramas sur la vallée de la rivière Shenandoah et la chaîne des Appalaches en toile de fond. Nous y ferons trois jours de marche intensive dans les bois, les amoncellements de rochers et autres chutes d’eau en y rencontrant de nombreux daims et même une maman ours et son petit mais malheureusement la rapidité de la vision ne m’aura pas permis de prendre la photo, ce sera pour une autre fois un peu plus vers l’ouest… Une autre curiosité de la gestion de ces parcs est qu’ils laissent totalement faire la nature, beaucoup d’arbres chutent après une tempête mais les troncs pourriront sur place, ne seront dégagés que ceux qui empiètent sur le passage des traces destinées à la randonnée, c’est vrai que vu la taille des forêts et du pays le travail serait titanesque, mais cela fait quand même mal de voir du beau bois de chauffage pourrir sur place.

Le lundi 9 avril nous quitterons cette région par Front Royal et l’autoroute qui nous mènera directement  à Washington DC.